fantasy

Mercredi 6 février 2008 3 06 /02 /2008 23:31
Tout le monde connaît bien évidemment ce nom, mais celui de Robert Howard est un peu moins connu du grand public. Robert Howard est le créateur de Conan (ainsi que de Kull, sacrément nanardisé au cinéma, Red Sonia, qui croisera Arnold Schawarzenneger (ne s'appelant plus Conan) dans le nanar cosmique Kalidor, La Légende Du Talisman et de Solomon Kane en préparation), mort depuis longtemps, à mon sens un des écrivains les plus talentueux qui soit. Mais Conan a depuis longtemps une vie propre, car nombreux sont les écrivains qui ont écrit des histoires mettant en scène notre Cimmérien préféré - mais aucun n'arrive au gros orteil de Howard !

Il n'est donc guère surprennant de voir des films sur Conan - un nouveau est d'ailleurs en préparation avec, peut-être, Gerard Butler dans le rôle titre - et le premier vu le jour en 1981, avec à la réalisation John Millus, qui co-écrit le scénario avec Oliver Stone, et Arnold Schwarzenneger dans le rôle du Barbare (oui, Conan est un barbare avec un b majuscule), qui fut révélé au monde grâce à ce film (qui est vraiment le rôle de sa vie, il est complètement Conan, et il n'a jamais été aussi bon qu'ici !).

Le Conan cinématographique est-il fidèle au Conan  littéraire ? Ben pas vraiment en fait. Physiquement, ils ont tous les deux une carrure impressionnante et des cheveux longs, mais c'est tout. Leur passé n'a rien en commun, et le thème récurrent des nouvelles de Conan est la barbarie face à la civilisation, alors qu'ici la civilisation est assez peu présente et on retrouve plutôt des thèmes "le secret de l'acier" représenté par Conan face au "secret de la chair" incarné par Thulsa Doom, ou encore la barbarie face au mysticisme ou les anciens dieux (Crom, que vénère Conan même s'il le prie peu ("si je meurs, je comparaitrai devant Crom, qui me demandera le secret de l'acier. Si je ne sais pas, il rira de moi et me jettera hors du Walhalla")) face au nouveau (Set, une très ancienne religion dans les livres mais qui est, dans le film, une religion à la puissance et à la renommée toute récente).

Mais une adaptation consiste, comme son nom l'indique, à s'approprier une oeuvre pour en donner sa version (Le Seigneur Des Anneaux, King-Kong ou encore Les Infiltrés diffèrent grandement du matériau d'origine). Et Conan vu par John Millius est non-seulement un chef d'oeuvre mais aussi un film culte (termes certes bien trop souvent utilisés (on les a déjà employé devant moi pour La Ligne Verte, c'est dire ! (pourquoi pas Moulin Rouge ou Les Visiteurs, tant qu'on y est !)). Mais je m'emballe !

Apprès une citation ("Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort") et le narrateur nous exposant  le décor, se présentant comme le chroniqueur de Conan (bien atteint, le chroniqueur !), nous découvrons le petit Conan écouter son père lui parler du secret de l'acier et lui expliquer que son épée est la seule personne en qui il peut avoir confiance, leçon que le héros n'oubliera jamais. Le scénario en soi est très simple, des pillards massacrent le peuple de Conan et l'emmènenet en esclavage. Il résistera à nombre de tortures avant de devenir une sorte de gladiateur, puis un esclave mercenaire qui apprendra nombre de choses (stratégie et combat) avant de gagner sa liberté et de pouvoir enfin checher les meurtriers de ses parents et d'affronter Set personifié par le dangereux Thulsa Doom et ses mystérieux pouvoirs.
Le film est avant tout une histoire d'ambiance, on se laisse entraîner dans ce passé nébuleux empli de sauvagerie, de brutalité et de barbarie, où Conan a vraiment sa place (la première phrase que prononce Conan, assez tardivement dans le film, est pour répondre à un de ses maître qui lui demande ce qu"il y a de mieux dans la vie ? "Ecraser ses ennemis, les voir traîner devant soi et entendre les lamantations de leur femme" ! De même, quand enfin il pourra confondre l'homme responsable de tout ses tourments il lui criera "Tu as tué ma mère ! Et mon père aussi ! Tu as massacré mon peuple ! Tu t'es emparé de l'épée de mon père ! (un ordre d'importance plutôt significatif...). Une ambiance magnifiée par une musique que califier d'épique serait un euphémisme, et grâce à une réalisation parfaite (et je pèse mes mots !). Que ce soit le rendu de l'écoulement du temps au début, faisant grandir Conan a chaque tour de la meule à la quelle il est enchaîné ou à travers les affrontements de gladiateurs (sauvages en diable), la cruauté ultra-présente  ou les batailles épiques (le mot est faible) ou les mises à mort (le meurtre de la mère de Conan est impressionnant), le film est complètement habité par la barbarie de l'époque, et empli de symboles comme la découverte de l'épée rouillée par Conan juste après sa libération (on dirait qu'il retrouve un ennemi longtemps perdu de vue) ou les dialogues, aussi peu nombreux que marquant (la dicussion théologique entre Conan et son nouvel amis vaut le coup !)
On croise aussi dans Conan Le Barbare quelques monstres excellement bien faits (le film datant de 1981, les créatures sont bien plus magnifiques que nombre de créatures de synthèses que l'on croise à l'heure actuelle), une orgie hallucinante, des batailles prodigieuses, un chameau assomé, de la barbarie et de la décadence partout, jusqu'à un final sublime et une dernière image qui restera longtemps dans les mémoires.

Si je devais faire un top 10 de tous les temps, il est certain que cette perle serait en bonne place dans le classement. Un chef d'oeuvre culte, je vous dit !
Par ninik - Publié dans : fantasy
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