peplum

Mardi 26 février 2008 2 26 /02 /2008 14:54
En 1983, Luigi Cozzi, caché derrière le pseudonyme de Lewis Coates, réalise ce film avec, dans le rôle titre, ce gros bourrin de Lou Ferrigno. On est donc dans un gros bis italien. Ou plutôt dans un gros nanar, pas une de ces série B à tendance nanardesque car un peu kitsh, non, ici nous avons affaire à un énorme nanar tellement dégoulinant de nanardise qu'il en pique les yeux. 

Un film dit "normal", quand il a des moyens bien en déça de ses ambitions, pratique la carte du suggéré. Quand on possède une créature ridicule, on essaie de la montrer le moins possible, en la filmant de loin ou dans le noir par exemple, ou en faisant en sortes qu'on ne la voit jamais entièrement. D'autres techniques peuvent être utilisées pour rallier l'imagination du spectateur à sa cause, comme de faire raconter un récit de bataille, par exemple, par un personnage. Bref, remplacer les manques de moyens par des trouvailles intelligentes.
Mais le réalisateur nanar se refuse à ce genre de procédé, qu'il considère sans doute comme de la ruse, de la tricherie envers le spectateur. C'est sans doute ce que devait penser Luigi Cozzi, car il nous montre en pleine lumière, en gros plans et sous tous les angles, des effets spéciaux parmi les plus kitshement mauvais que j'ai vu dans un film !
Ainsi le métrage débute carrément par la naissance du monde (des débris de la jarre de Pandore qui créé les planètes...) fait avec des éclairs de lumières pourris et des bruitages étranges (d'ailleurs les fameux éclairs mal fait seront beaucoup réutilisés, que ce soit pour l'apparition ou la disparition de personnages, quand Hercule donne des coups d'épée (sans doute pour montrer avec quelle puissance il frappe) ou quand des monstres mécaniques tirent des rayons mortels (fous rire garantis) ou encore au moment où Zeus créé Hercule (faut le voir pour le croire !). Dans la série effets spéciaux gratiné, on a Hercule se battant face à un homme dans un costume d'ours avec des inserts de stock shot d'ours faisant groar, les fameux monstres mécaniques (je défie quiconque de voir les scènes où ils sont présents en gardant son sérieux !), une main géante sortant d'une cascade pour saisir une petite barque, Hercule sautant en ralentis par dessus des chars fondant sur lui ou encore Hercule traversant l'espace sur un char mené par un rocher (si, si...) et aussi un méchant se battant avec une épée magique à la lame faîtes d'une flamme multicolore...
Mais la nanardise du film ne se résume pas à la qualité de ses effets spéciaux (quand même !) car on peut siter les décors en cartons et, surtout, les costumes des personnages qui, peu importe leur jeu d'acteur (assez moyen, cela dit) ne peuvent insuffler une quelconque crédibilité. Ils sont tellement out of the world qu'ils en deviennent indescriptibles (les dieux sont d'un ridicule hallucinant, de même que la méchante ou n'importe quel soldat portant des casques au cimier tellement énormes qu'ils ont du mal à passer les portes) et le seul à s'en sortir correctement c'est Lou Ferrigno, qui ne porte qu'un simple pagne. Mais son non-jeu  total vaut toutes les tenues pathétiques pour ce qui est de la nanardisation de son personnage (c'est bien simple, ses biceps (très actifs) jouent mieux que lui.
Mais au fait, de quoi parle ce truc ? Scénario nanar ou pas ? Totalement nanar en fait ! Les dieux vivent sur la Lune et surveillent la Terre où se joue la lutte du bien contre le mal. Pour équilibrer, Zeus envoie le gène Lou Ferrigno à un bébé pour que, devenu adulte, il lutte contre la vilénie. Mais Héra veut faire gagner le mal et charge des vilains de tuer le bébé et voler une épée magique en carton. Evidemment le bébé survit et s'enfuit à bord d'une barque où il sera recueilli par des bucherons (plus tard, Lou Ferrigno, tel Obelix, arrrachera des faux arbres mal faits à main nues). Du coup, le vilain roi Minos, aidé de sa fille et de Dédale, une déesse nanarde (mention spéciale à son costume, le pire de tous !) qui crée les fameux monstres mécaniques ridicules (qui sont tout petits sur la Lune, mais, du fait du changement de pression, deviennent gigantesques sur Terre), depuis leur île verte (capitale Atlantis) décident de tuer Hercule en s'en prennant à ses parents (???), ce qui lui donnera envie d'aller leur casser la gueule en faisant plein d'épreuves nanardes (outre celles déjà énumérées, le lancement de rochers en mousse !)

Bref un nanar énorme qui n'a peur de rien (rien que le scénario est une ode à la nanardise, et pourtant c'est le truc le plus normal du film !) et repousse les limites du portnawak pour atteindre des régions inexplorées, le paradis du nanardeur !
Par ninik - Publié dans : peplum
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